La Psychologie et la Boxe

Pour devenir un athlète de haut niveau, les capacités psychologiques comptent autant que les performances physiques.

Depuis une trentaine d’années, la psychologie du sport a fortement évolué. Actuellement on intègre de plus en plus cette discipline à l’entraînement du sportif au même titre que sa préparation technico-tactique, physiologique et biologique.

La compétition sportive met le sportif de pointe en état de stress avancé qui naît de l’obligation d’accomplir de grandes performances à des moments précis, comme d’être livré à lui-même s’il subit la défaite, avec les espoirs déçus de son entourage immédiat. Pour autant, un échec peut s’avérer positif si l’on en tire les leçons appropriées. Faut-il savoir perdre pour gagner ? Quelle est la part d’un échec passé dans une réussite future ?

Des outils théoriques nous permettent de définir l’importance de la motivation dans la réussite d’un sportif. En effet, le cadre de la psychologie du sport tend à améliorer la performance.

Au travers du cas particulier d’une athlète de boxe Française qui, malgré de grandes qualités physiques, ne parvient pas toujours à gérer psychologiquement ses compétitions, nous allons établir un cadre théorique et définir les moyens dont dispose l’entraîneur pour faire face à la démotivation de son sportif.

Présentation de la situation

Je suis dirigeant et entraîneur dans un club de boxe Française. Une de mes missions est de préparer des sportifs afin qu’ils puissent participer à des compétitions. J’ai choisi de vous présenter le cas d’une athlète qui possède un énorme potentiel physique et technique mais qui présente des obstacles à la performance sportive. Lors des championnats de France Espoirs, elle a été éliminée en demi-finale, alors qu’elle avait un niveau supérieur à son adversaire. Elle ne s’est pas donnée tous les moyens pour gagner son combat et sa déception a été grande.

J’ai constaté que régulièrement, à l’approche des compétitions, cette athlète se pose une multitude de questions. Elle doute de ses qualités et de ses motivations, allant jusqu’à remettre en cause sa pratique sportive. Ces questions semblent traduire un réel manque de confiance en soi ainsi qu’une faible estime d’elle-même. « Ce regard-jugement que l’on porte sur soi est vital à notre équilibre psychologique. Lorsqu’il est positif, il permet d’agir efficacement, de se sentir bien dans sa peau, de faire face aux difficultés de l’enfance. Mais quand il est négatif, il engendre nombre de souffrances et de désagréments qui viennent perturber notre quotidien » (André & Lelord, 2008)

Par ailleurs, des facteurs physiques nuisent également à ses performances sportives. En effet, son hygiène de vie est complètement bouleversée à cause d’une mauvaise alimentation (alors qu’elle connaît l’importance de la nutrition) et d’un manque de sommeil, notamment les jours précédant la demi-finale. Pour faire face à cette absence de rigueur et pour gérer ces doutes, j’ai choisi de m’appuyer sur des outils plus théoriques proposés par la psychologie du sport qui m’ont permis d’acquérir une meilleure compréhension du fonctionnement du sportif et de donner des armes afin d’améliorer sa performance sportive.

En effet, mon rôle d’entraîneur est d’être aussi bien un agent d’innovation, qu’un préparateur mental chargé d’accompagner pour surmonter les obstacles psychologiques. Ma fonction ne s’arrête pas à un simple rôle de contrôle. Afin d’optimiser les performances de mon athlète, je me suis inspiré du modèle de Bandura (1980) « psychologue du courant sociocognitif », pour qui le système de performance sportive se décline en deux versions.

Une première version macro système dans laquelle trois éléments interagissent: l’individu, l’environnement et la performance en elle-même. Cette approche avait déjà été symbolisée par Lewin (1967) lors d’une célèbre équation, B = f (P, E) ou en d’autres termes, la conduite (Behavior, B) est fonction des paramètres personnels (P) et de l’environnement (E) où elle a lieu.

Une seconde version micro système concerne le système propre à l’individu, là aussi trois éléments interagissent: le potentiel du sportif, ses stratégies mentales et les techniques et méthodes de préparation psychologique.

La communication

On peut définir la communication comme la transmission d’une information d’un point à un autre ou d’une source à un destinataire. « Le développement des capacités de communication aurait pour effet direct un renforcement de l’estime globale de soi et donc induit chez l’individu une élévation des sentiments positifs et valorisants à l’égard de ses résultats, de ses capacités et de ses compétences » (Legrand, 2003).

Elle prend une place importante dans le sport car, qu’importe qu’un entraîneur soit brillant et un fin connaisseur des techniques, son succès dépendra de sa capacité à communiquer efficacement. La différence entre le succès et l’échec tient parfois à l’efficacité de la communication.

Le manque de communication est souvent source de problème, car :

Entre ce que je pense,

Ce que je veux dire,

Ce que je crois dire,

Ce que je dis,

Ce que vous voulez entendre,

Ce que vous entendez,

Ce que vous croyez comprendre,

ce que vous voulez comprendre,

Et ce que vous comprenez…

Il y a au moins 9 possibilités de ne pas s’entendre.

La performance fait référence à quelque chose de mesurable, qui serait l’objectif. On peut aussi la définir comme le dépassement de soi dans une situation définie. La relation entraîneur/entraîné joue un rôle très important dans la performance sportive. Afin d’optimiser cette relation, j’ai décidé de baser mon approche relationnelle sur un mode d’échange et de communication. Ma démarche est de faire participer mon athlète aux décisions à prendre tant sur le plan des objectifs, que sur l’approche technique. En effet, l’entraîneur et le sportif doivent être dans un rapport de feed-back, c’est-à-dire que leurs représentations des objectifs à atteindre ne doivent pas diverger. C’est pourquoi l’échange est fondamental et en perpétuelle évolution. Dans ce rapport, je me positionne comme le leader formel avec plusieurs casquettes. Tantôt manager, je réajuste constamment mon approche afin qu’aucun élément interne ou externe ne vienne perturber les objectifs fixés, je suis également un leader transformatif.

J’essaie d’établir avec mon athlète une communication interpersonnelle par un mode démocratique afin de faciliter l’acceptation et de permettre un réajustement constant. En revanche, dans certaines situations, j’opte pour une approche autocratique voire même autoritaire, lorsque la situation m’y pousse, lorsque la tâche à réaliser demande de fortes exigences – tant sur le plan physique que technique – ou lorsque l’athlète s’écarte des règles qui ont été fixées. J’ai également établi un mode de communication non verbal afin de faciliter la communication lors des compétitions. En effet, en boxe, l’entraîneur se place à l’extérieur du ring et les spectateurs se trouvent autour du ring, il est difficile de se faire entendre. Pour donner un avertissement à l’un des deux boxeurs, l’arbitre les envoie dans un coin neutre donc loin des entraîneurs. J’ai développé un mode de communication gestuelle afin que nous puissions nous comprendre à distance.

La personnalité

Sans trop m’immiscer dans la vie familiale de cette sportive, il en ressort un sentiment de rejet vis-à-vis de son père qui va jusqu’au désir de changer son nom de famille. J’ai pu comprendre après de longues discussions, qu’il y a une contradiction entre ses mots et ses actes. En effet, c’est son père qui lui a fait découvrir la boxe en l’inscrivant dans une salle à l’âge de six ans. À douze ans, elle était championne de France en assaut. Elle a cessé cette activité pendant quelques années et a décidé de reprendre un entraînement intensif il y a trois ans. Je me suis alors posé la question sur ses véritables motivations : « toute personne a besoin de se valoriser et de s’estimer au long de sa vie» (Codol, 1979; 1980).

Concernant la pratique de cette discipline, était-ce pour prouver à son père, avec lequel elle n’est plus en contact, qu’elle peut réussir ou pour la passion de la discipline ?

Il semble que ces deux raisons sont intimement liées à cette envie de reprendre la boxe et de participer à des championnats.

Malheureusement, ces contradictions surviennent à des moments importants de la préparation voire même en période de compétition. Je me trouve face à une situation difficile puisqu’elle est complètement consciente des contradictions. Une fois sortie du cadre sportif, elle se pose de nombreuses questions et c’est à ce moment-là que son hygiène de vie est perturbée. Cette perturbation semble être notamment due à un environnement qui n’est pas approprié aux exigences de ce sport. Cette contradiction n’altère en rien son envie de réussir, elle a une réelle volonté de réussite mais on sent qu’elle se trouve face à une situation paradoxale certainement liée inconsciemment à ses rapports avec son père.

Cette persévérance est due à un besoin de réalisation de soi, Maslow (1940) a hiérarchisé les besoins selon différents niveaux. Dans la première couche se trouvent les besoins physiologiques et de sécurité puis les besoins sociaux (besoins d’appartenance et de reconnaissance). Dans les couches supérieures, on trouve les besoins d’estime et de réalisation de soi.

Schéma représentant la pyramide de classification hiérarchique des besoins humains. D’après       Maslow (1940) et paru en 1943.

L’environnement est un paramètre très important dans la performance sportive. J’ai décidé de mettre en place un suivi social avec deux orientations. La première a été de me rapprocher de son environnement familial, car c’est un élément déterminant dans le comportement du boxeur tant à l’entraînement qu’en compétition. Je me suis mis en contact avec son frère aîné, celui-ci vient la voir à chaque compétition. Il pratique aussi la boxe. J’ai donc décidé d’être plus à l’écoute des problèmes extra sportifs tout en gardant une certaine distance émotionnelle qui se situe entre l’apathie et la sympathie et j’ai pu constater une nette évolution dans notre rapport entraînée/entraîneur. Un autre dialogue s’est installé, mon message est désormais mieux compris.

image pschologie et la boxe

Schéma représentant la bonne distance émotionnelle. Frair, Com. pers.

La préparation mentale

La préparation mentale poursuit différents objectifs qui varient en fonction du paramètre et du potentiel à optimiser. On distingue ainsi des objectifs généraux et des objectifs spécifiques. Les objectifs généraux consistent à améliorer chacun des cinq paramètres du potentiel :

  • Optimisation de l’environnement (locaux, matériels)
  • Optimisation biologique (alimentation)
  • Optimisation technico-tactique (entraînement)
  • Optimisation physiologique (préparation physique)
  • Optimisation psychologique

Les objectifs spécifiques consistent à améliorer les différents paramètres d’un même facteur du potentiel. Par exemple, dans l’objectif général d’optimisation du facteur émotionnel, on peut viser différents objectifs spécifiques: améliorer le contrôle de l’anxiété pré-compétitive, gérer le stress compétitif (hostilité de la foule, pression de l’entourage…), sachant que les manifestations et réactions du stress sont d’ordres multiples (Rivolier, 1989), ou la souffrance suite à une épreuve.

Il existe également différentes techniques et méthodes de préparation mentale:

  • Techniques psycho-corporelles (ex : technique de respiration)
  • Techniques de relaxation (ex : yoga)
  • Techniques comportementales appareillées (ex : biofeedback EMG)
  • Techniques comportementales non appareillées (ex : affirmation de soi)
  • Visualisation mentale (ex : visualisation mentale des objectifs)
  • Méthodes induisant des états modifiés de conscience (ex : hypnose)
  • Programmation neuro-linguistique (ex : ancrage de ressource)

J’ai choisi d’utiliser des techniques de préparation mentale spécifiques à la boxe, il ne s’agit pas de techniques classiques. Les techniques que j’ai mises en place ont l’avantage de mettre le boxeur dans une situation qu’il connaît et de pouvoir s’insérer dans le cadre de la séance sans le placer dans une situation perturbante.

Technique d’imagerie mentale par le shadow

«   Quand je regarde une vidéo, je la visualise et ressens des sensations internes. Quand j’effectue réellement la figure de patinage artistique, je ressens les mêmes sensations internes. Ce sont des sensations internes difficiles à expliquer. Vous devez les éprouver, et une fois que cela est fait, vous savez ce que vous allez réaliser ensuite. À l’entraînement parfois, je répète mentalement un programme avec lequel j’ai gagné les JO… Je m’avance sur la glace, me mets dans la position de départ et commence à ressentir les sensations. « Je suis aux JO » et le programme entier se met à défiler devant mes yeux et je ressens les sensations internes qui y correspondent … » (Étude d’Orlick & Partington, 1988, Patinage Artistique JO).

Le shadow est plus souvent utilisé en situation d’échauffement ou pour le retour au calme. Utiliser le shadow en technique de préparation mentale peut sembler difficile à imaginer et plus particulièrement dans le cadre de l’imagerie mentale. Le shadow est une répétition de gestes, de techniques, qui s’exécutent à l’intérieur ou à l’extérieur d’un ring, avec ou sans opposition. Ce travail peut s’exécuter avec un rythme plus ou moins élevé, avec ou sans consignes de l’entraîneur.

Je pratique la préparation mentale lorsque j’utilise le shadow en imagerie mentale dans un espace défini (ring) pour se rapprocher de la situation de compétition. Je demande alors de visualiser les techniques effectuées, de visualiser un adversaire, des solutions technico-tactiques, survient alors un processus mental de représentation d’une situation d’opposition, avec l’avantage de n’avoir ni contrainte ni risque mis en jeu par un adversaire. Cette forme de travail permet de se placer en situation d’opposition en retirant les facteurs de stress et d’anxiété. Le shadow utilisé dans cet objectif a pour but de placer le boxeur dans une situation qu’il doit envisager comme une situation de combat en imaginant ses propres actions ou les actions de son adversaire ou la combinaison de ces deux actions. Dans ce travail il s’agit de placer le boxeur dans une situation d’imagerie mentale active.

Préparation mentale par test match

Dans cette situation l’objectif est technico-tactique. Il va s’agir de placer le boxeur dans une situation de stress se rapprochant de la compétition. «Le stress touche un grand nombre de sportifs de haut niveau et reste encore bien trop souvent employé en termes négatifs. Le stress n’est pas un fléau des temps modernes, il n’est ni plus ni moins qu’une fonction essentielle à la vie » comme le souligne Légeron (2001). Il souligne également qu’il ne s’agit pas d’une pathologie mais d’un processus d’adaptation indispensable de réaction de notre organisme.

Afin de ne pas perturber la cohésion du groupe, j’ai préféré faire appel à des boxeuses d’un autre club ou aller dans d’autres salles. La cohésion est un « processus dynamique reflété par la tendance du groupe à rester lié et à rester uni dans la poursuite de ses objectifs instrumentaux et/ou pour la satisfaction des besoins affectifs des membres  » (Carron, Brawley & Widmeyer, 1998).

L’idée est de reconstituer une situation de stress comparable à celle du combat avec la présence d’un arbitre. L’importance sera donnée sur la décision finale pour véritablement placer le sportif dans une situation de compétition.

Ces deux méthodes ne rentrent pas dans le cadre de la préparation mentale telle qu’on peut l’entendre, mais elles se placent dans le cadre réel de la pratique de la boxe, elles ont aussi l’avantage d’être acceptées par tous les boxeurs.

En effet, la préparation mentale telle qu’elle est développée aujourd’hui dans d’autres disciplines ne s’applique pas à la boxe. En effet, au-delà du manque de moyens financiers, plusieurs facteurs interagissent chez les boxeurs notamment au niveau de la fierté. L’aide psychologique a une image négative dans ce milieu, elle est souvent perçue comme une faiblesse car le boxeur a peur du regard des autres.

La motivation

Les succès et les échecs jouent un rôle considérable dans la motivation du sportif. La motivation est représentée par l’enthousiasme, l’engagement, la coopération qu’un individu met dans sa pratique. Les raisons de la motivation du sportif peuvent être intrinsèques ou extrinsèques. La motivation intrinsèque est une source de plaisir, elle est très puissante car l’individu agit sans contrainte, elle est directement liée à la pratique de l’activité. On est dans l’hédonisme. La motivation extrinsèque intervient lorsqu’un individu participe à une activité à des fins externes à celles procurées par l’activité (argent, trophées…).

Le sportif peut être motivé de façon unique ou alterner vers une de ces deux formes de motivation. Quels qu’en soient les buts, la motivation est un élément déterminant dans la performance sportive, j’ai donc décidé de mettre en place des situations pédagogiques sous forme d’exercices et de tâches où l’objectif était de placer l’individu en situation de réussite et de satisfaction, en minimisant le risque d’échec. Il s’agit de la théorie de la motivation par la compétence de Harter (1978).

J’ai aussi axé mon travail sur l’analyse du combat par la vidéo. L’idée était d’avoir un retour après la contre performance lors de la demi-finale, l’analyse du combat a permis d’attribuer des causes à cette contre performance, je me suis appuyé sur la théorie des attributions causales de Weiner (1972). Dans un premier temps, j’ai attribué son échec à des éléments (malchance, on ne peut pas toujours maîtriser les paramètres lors d’une compétition…). Mais, j’ai surtout insisté sur le fait que ses qualités n’étaient pas mises en causes pour ne pas l’accabler. Puis j’ai mis en place une pédagogie sous forme d’exercices et de tâches qui l’ont placée en situation de réussite (auto-efficacité de Bandura, 1977).

La théorie de l’auto-efficacité de Bandura défini comme « les croyances d’un individu en sa capacité à organiser et appliquer les plans d’actions nécessaires pour réaliser des performances données ». Bandura ressort quatre éléments d’efficacité essentiels au développement de l’auto-efficacité :

  • L’exécution réussie ou performance récente : source importante d’efficacité car elle met en jeu des expériences de maîtrise personnelle. Plus ces expériences sont positives, plus elles augmentent le sentiment d’efficacité personnelle.
  • L’expérience vicariante du succès : il s’agit de ce que Bandura nomme «l’apprentissage par observation modélisation », et représente une source d’efficacité personnelle importante pour ceux dont le sentiment de valeur personnelle dépend fortement du jugement d’autrui.
  • La persuasion verbale : valorisation des compétences d’un individu ou des aspects positifs d’un comportement précis sous la forme d’encouragements (entraîneur, coéquipiers, parents, amis). Ces messages valorisant la compétence sont recommandés. Les retours négatifs sont « à bannir » (Cox, 2005).
  • L’éveil émotionnel ou activation émotionnelle : l’apprentissage est plus ou moins facilité par l’éveil émotionnel et physiologique. Pour que l’individu parvienne à réaliser une habileté et développe un sentiment d’efficacité, ce dernier doit faire preuve d’une bonne attention (émotionnellement prêt et éveil optimal). Selon Bandura, les perceptions de l’activation influencent le comportement en modifiant l’efficacité.

L’utilisation des attributions causales a donc eu pour but d’éviter la démotivation.

Une fois l’analyse du combat faite et la mise en place de tâches et d’exercices pédagogiques, je lui ai fait visionner ses anciens combats afin qu’elle puisse se voir en situation de réussite pour m’en servir comme support de travail, car il s’agit là de sa première contre performance en combat.

Après il a été beaucoup plus facile, une fois la confiance retrouvée, de refixer des nouveaux objectifs :

L’utilisation de la notion de   S.C.O.R.E   semble être un outil adapté pour mieux rebondir :

Situation : débriefe de l’évènement passé sur ce qui a fonctionné ou pas par l’utilisation d’outils appropriés

Cause : raison de l’échec

Objectif : à court et à long terme

Ressource : pour continuer (compétences et potentiel)

Effet : sur le choix qui va être pris

La notion confiance est un élément important notamment dans la digestion de l’épreuve (victoire ou défaite). Pour Riedrich (1998) « elle correspond à la croyance, à la conviction que l’on est capable d’accomplir une certaine tâche ou d’atteindre un certain objectif » ; « être confiant, c’est, d’une certaine manière, penser que l’engagement de ses propres capacités va permettre l’atteinte du but que l’on s’est fixé ». Mais attention, l’excès de confiance peut être aussi néfaste que la perte de confiance car il y a risque d’oublier des processus.

Selon Riedrich (1998) la confiance est composée de quatre aspects :

  • Confiance globale : considérée comme un trait de personnalité, une disposition.
  • Confiance spécifique : capacité à accomplir une tâche précise (auto-efficacité de Bandura, 1977).
  • Confiance momentanée: elle évolue au grès du score, des situations, des comportements, de la qualité des relations avec les coéquipiers, avec le staff…
  • Confiance collective : d’un groupe d’athlètes, d’une équipe.

« Les buts poursuivis donnent un sens à la situation ou à la tâche et déterminent à la fois la direction de leur comportement et la quantité d’investissement qu’ils y consacrent» (Famose, Sarrazin & Cury, 2003), en jouant sur les deux formes de motivation : intrinsèque et extrinsèque.

J’ai aussi proposé des tâches nouvelles pour rompre la monotonie, moduler la difficulté des exercices, ni trop difficiles, ni trop faciles, donné des feedbacks positifs pour augmenter sa motivation intrinsèque. Pour la motivation extrinsèque, elle a pris elle-même conscience de ce que pouvait lui apporter un titre national tant sur le plan financier qu’en terme de reconnaissance sociale. Son attention, son énergie, l’intensité de son engagement et son envie de réussir ont été multipliées et tout me porte à croire que nous sommes sur le chemin de la réussite.

Conclusion

Les échecs passés ont des répercussions sur les réussites futures. L’échec a des répercussions sur la motivation, la confiance en soi et l’estime de soi. Il est donc nécessaire que l’entraîneur soit présent auprès de l’athlète et qu’il mette tout en œuvre afin de lutter contre la démotivation, le manque de confiance en soi et l’absence d’estime de soi. La notion de compétence est indissociable de celle d’estime de soi et ses perceptions participent à sa construction (Harter, 1978).

Pour cela l’entraîneur devra s’appuyer sur la connaissance de son athlète, ses propres connaissances techniques et sur des outils théoriques de la psychologie du sport. Nous savons actuellement l’importance de la communication dans la relation entraîneur/entraîné. L’éducateur doit se positionner en leader formel car il a des responsabilités précises. Il pourra alors utiliser un mode d’encadrement démocratique ou autocratique. Il devra également mettre en place des situations pédagogiques pour placer l’athlète en situation de réussite afin qu’il puisse retrouver les notions de plaisir. Il devra établir un cadre théorique en utilisant les attributions causales de manière à ce que le sportif ne perde pas confiance en lui et utiliser les méthodes de préparation mentale afin d’optimiser la performance sportive.

La psychologie du sport a considérablement évolué depuis une trentaine d’années, apportant une multitude de moyens mis à la disposition de l’entraîneur, mais ces outils ne deviennent réellement efficaces qu’à condition que le sportif adhère à ces méthodes.